Foncier | Tiers-lieux en Île de France

Nous sommes ravis de nous associer à la CCI Paris Île-de-France pour étudier en profondeur comment pourraient se matérialiser la création de « tiers-lieux industriels » ou Repères de l’industrie.

Ce n’est certes pas encore une lame de fond mais force est de constater que depuis quelques années, les tiers-lieux se développent. Les facteurs en sont nombreux.

Il y a eu les crises successives et la disruption de l’économie : des bouleversements aux lourds retentissements parmi lesquels la difficulté pour les entreprises à prévoir les m² qui seront nécessaires à leurs activités à l’avenir. Il y a également l’essor de l’entrepreneuriat. Beaucoup d’actifs privilégient désormais le travail indépendant au salariat. Il y a enfin la « guerre des talents » que se livrent les entreprises, qu’elles soient du CAC 40 ou start-ups, pour recruter et conserver certains profils très pointus.

Mais que faut-il entendre par tiers-lieux ? Comment s’organisent-ils et quelles sont les prestations qu’ils proposent ? Quels sont les besoins des entreprises utilisatrices et comment si nécessaire mieux faire coïncider ces besoins avec l’offre existante ? Rapport détaillé ici.

Note | Lieux Repères de l’Industrie

Objectif :

L’objectif de ces espaces d’accueil est d’accompagner les projets à passer de la phase R&D/Prototypage à la phase grande série, c’est-à-dire, accompagner la phase pré-industrialisation des projets.

Pour rappel, un projet en amorçage industriel innovant peut se définir selon le modèle 3 / 3 / 3 :

  • 300k€* pour la R&D / prototypage : phase de recherche qui permet de valider le marché, de définir le cahier des charges fonctionnel puis technique, de concevoir et développer le produit jusqu’à la réalisation d’un prototype fonctionnel appelé « MVP » ou « Démonstrateur ».
  • 3M€* pour la pré-industrialisation : phase d’optimisation du produit tant en termes de coûts, de quantités produites que de fiabilité. Adapter le choix des fournisseurs, adapter le choix des technologies de production, adapter les technologies et méthodes d’assemblage et rédiger toute la documentation. Obtenir les certifications et respecter les normes.
  • 30M€* pour la grande série : phase où les objectifs d’optimisation ont été atteints et où l’on décide de reproduire le produit autant que possible en réalisant les meilleures économies d’échelles. Soit en interne, en créant sa propre infrastructure de production, soit via des sous-traitants.

(*ordre de grandeur pour un produit « plus gros qu’une boîte à chaussures »)

 

Cahier des charges fonctionnel :

Au sein d’un environnement économique fermé d’une dizaine d’hectares, on retrouverait :

  • 1 à 3 bâtiments de production série de PMEs/ETIs ou Grands groupes
  • 1 bâtiment de 10 à 30000m² découpés en espaces de 100 à 1000m². Ces cellules isolées et équipées d’internet, avec hauteur sous plafond, pourraient être aménagées à façon selon les besoins des porteurs de projet. Alliant activité de bureau pour les équipes et atelier dans lequel seraient réalisés du prototypage, des tests, des pré-séries, du stockage. Ce bâtiment devrait proposer plusieurs services communs comme :
    • L’accès à des quais de chargement/déchargement
    • Le don ou l’accès à des prix très attractifs de racks de stockage
    • Un fab lab industriel (type TechShop) càd qu’au-delà de l’imprimante 3D, de la découpe laser et de la découpe vinyle ainsi que du matériel de bricolage « classique » pourraient également être présents des outils plus industriels que l’on retrouve dans l’ensemble des secteurs : tours, fraiseuses, équipement électronique… ainsi qu’une zone d’assemblage sécurisée. Ce fablab pourra donc permettre aux entrepreneurs locataires du lieu Repères de l’Industrie de l’utiliser soit gratuitement en considérant que le coût machine/matière est inclus dans le loyer, soit en payant un coût machine/matière à chaque utilisation, soit en sous-traitant complètement la prestation au FabManager. Ce fablab peut être soit géré par le gérant du lieu Repère de l’Industrie soit opéré par un acteur tiers FabManager.
  • Des bureaux d’étude en industrialisation et méthodes pourraient être partenaires du lieu ou simples locataires, afin d’accompagner les porteurs de projet dans le développement de leurs produits
  • Des partenariats devraient être noués avec La FrenchTech, La FrenchFab, les écoles d’ingénieurs ou encore les pôles de compétitivité et accueillir les « Guichets uniques : réglementation »
  • L’ensemble de la zone devrait permettre de créer un « esprit de communauté » grâce à l’animation du lieu par des événements pro : tables rondes, conférences, lunch des CEO, ateliers co-developpement, hackatons… mais aussi « QVT » : concours de babyfoot, repas de Noël, cours de sport…
  • Des zones dédiées à la QVT avec notamment un espace restauration (CROUS ?), un espace détente et un espace sport, voire une crèche d’entreprise
  • Des logements pourraient également être créés afin d’être réservés aux stagiaires/alternants sur place sous format de grosse « colocation » à moindre prix grâce à un partenariat avec un bailleur social
  • Ces lieux devraient se trouver à moins d’1h en transports en commun d’une gare TGV
  • Au-delà des porteurs de projets industriels, de leurs équipes et des équipes des PME/ETI/Grand Groupe, le lieu pourrait accueillir plusieurs classes d’écoles de production (UIMM, Compagnons du devoir et du tour de France ?) afin de mixer les publics : permettre aux projets de recruter leurs futurs stagiaires/alternants, permettre aux élèves d’être au contact de professionnels en continu
  • La communication au sein de la zone devrait permettre aux visiteurs de comprendre et appréhender la chaîne de valeur des produits produits sur place : étapes et métiers nécessaires pour aboutir à la production série. La zone pourrait ainsi accueillir des visites de collèges/lycées visant à découvrir l’industrie « d’aujourd’hui » : une industrie innovante, mixte, permettant de construire les produits du quotidien avec des métiers pour tous les niveaux d’études et pour tous les goûts

 

Financements de ces lieux :

Le développement de ces lieux pourrait être réalisé par des appels à projet portés par Territoires d’industrie, Banque des territoire et Caisse des dépôts, Ademe Invest.

L’accès à ces lieux pour les porteurs de projet startups industrielles, sous format de loyer avec des baux de courte durée permettant une flexibilité avec un préavis de 3 mois, pourraient être pris en charge par du CII et bénéficier d’avance de BFR par BPI France et les Régions.

 

Exemples :

Un mix entre ce que proposent Bel Air Camp, Usin Lyon Parilly, Start2Prod, Kickmaker, Vialog ou encore Wenetwork, BoschRodezService et l’UIMM serait un idéal, en intégrant la dimension d’industrie circulaire comme le suggère l’étude « Pivoter vers l’industrie circulaire » d’OPEO et l’INEC.

Autres exemples : Manufacture des mobilités actives et durables ; Parc Cataroux MICHELIN ; Lyon Vallée de la Chimie (notamment Ateliers XL Dev et Ateliers XL Prod(lauréats))

 

Retrouvez l’ensemble des propositions du CSI France dans notre Manifeste des solutions disponible sur www.csifrance.fr.

Eléonore Blondeau
Présidente du Collectif Startups Industrielles France
contact@csifrance.fr

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