Interview | Maddyness : Les startups industrielles, encore freinées dans leur envol

Pour réindustrialiser et renforcer la souveraineté de la France, le gouvernement entend bien s’appuyer sur les startups industrielles à l’origine d’innovations de rupture. Une ambition qui ne pourra se réaliser qu’à condition d’offrir à ces sociétés l’environnement propice à leur développement. Lire la suite.

Note | Notion clé d’un cadre pour garantir la transparence de la collaboration entre un sous-traitant et une startup industrielle.

Dernière MAJ Août 2022

Objectif :

Définir les critères de collaboration qu’un sous-traitant de type bureau d’études ou sous-traitant de fabrication/production et une startup industrielle doivent avoir clarifier avant d’initier une collaboration afin d’éviter d’éventuels écueils, notamment lorsque le partenaire en industrialisation devient stratégique pour la survie du projet.

L’objectif de cette note est de proposer un cadre pour simplifier et rendre plus transparent les collaborations pour chacune des étapes du développement d’un projet. Aux points cités, s’ajoutent toutes les conditions classiques qu’une telle collaboration nécessiterait.

Pour rappel, un projet en amorçage industriel innovant peut se définir selon le modèle 3 / 3 / 3 :

  • 300k€* pour la R&D / prototypage: phase de recherche qui permet de valider le marché, de définir le cahier des charges fonctionnel puis technique, de concevoir et développer le produit jusqu’à la réalisation d’un prototype fonctionnel appelé « MVP » ou « Démonstrateur ».
  • 3M€* pour la pré-industrialisation : phase d’optimisation du produit tant en termes de coûts, de quantités produites que de fiabilité. Adapter le choix des fournisseurs, adapter le choix des technologies de production, adapter les technologies et méthodes d’assemblage et rédiger toute la documentation. Obtenir les certifications et respecter les normes.
  • 30M€* pour la grande série: phase où les objectifs d’optimisation ont été atteints et où l’on décide de reproduire le produit autant que possible en réalisant les meilleures économies d’échelles. Soit en interne, en créant sa propre infrastructure de production, soit via des sous-traitants.

(*ordre de grandeur pour un produit « plus gros qu’une boîte à chaussures »)

 

Points d’attention :

Lorsque le partenaire devient stratégique, des simples CGV ne peuvent suffire pour encadrer des relations, un contrat cadre doit être mis en place afin que les 2 parties puissent s’engager en connaissance de cause sur les points suivants :

Interdépendance des prestations

D’une part il y a des bureaux d’études qui ne proposent que de la prestation de conseil et d’autres parts ceux qui proposent des prestations d’assemblage, et parfois le même acteur propose les deux.

Dans ce dernier cas, il est avant tout primordial de clarifier s’il est nécessaire de prendre une prestation de conseil pour avoir une prestation d’assemblage et inversement ou si on peut bien prendre l’un sans l’autre. D’une manière générale le contrat doit définir si l’engagement sur une phase du projet nécessite forcément l’engagement sur la totalité de l’offre proposée.

En cas de prestation d’assemblage, y-a-t-il un minimum de produits à produire pour lancer la prestation ? y-a-t-il un maximum ? Le porteur de projet doit-il s’engager dans la durée ou sur des volumes ? Quelles sont les conditions « de sortie » pour changer de prestataire d’assemblage (par exemple, peut-on récupérer les outillages ou appartiennent-ils au sous-traitant, préavis…) ?

Confidentialité

L’ensemble de la collaboration doit être sous couvert de confidentialité et la documentation technique ainsi que la production ne peuvent être présentés à des tiers, sauf accord écrit des 2 parties.

Communication

Toute action de communication par l’une ou l’autre des parties sur son partenaire doit être validée, dans un délai de 14 jours minimum, avant publication. Une absence de retour vaudra acceptation.

Transparence fournisseurs

Au cas où le prestataire réaliserait le sourcing des composants et/ou l’assemblage des produits, préciser si le porteur de projet pourra avoir accès à la liste des fournisseurs, si oui noms + prix ? ou que noms ? Avoir accès à la liste des fournisseurs permettra au projet qui souhaiterait ensuite reprendre en main la production, de pouvoir faire appel à des fournisseurs qui connaissent déjà leurs besoins, tout en ayant conscience qu’ils ne pourront pas nécessairement avoir les mêmes prix.

Mettre en place les principes de la Charte relations fournisseurs et achats responsables.

Le prestataire doit obtenir le consentement écrit du client pour s’approvisionner de la part d’autres fournisseurs qui n’auraient pas été validés au préalable.

Propriété

Si des documents de production (gamme d’assemblage, procédure de tests/endurance, AMDEC…) ou outils d’endurance et/ou de production sont réalisés dans le cadre de la prestation, alors ils devront devenir la propriété du porteur de projet lorsque celui-ci aura payé la totalité de la prestation.

Un autre cas de figure est possible lorsque le sous-traitant ne fait payer qu’une partie de l’investissement pour l’amortir sur plusieurs clients et/ou marger sur la production série, dans ce cas là la propriété peut être partagée ou rester celle du sous-traitant.

Dans tous les cas, ce point doit être clarifié dès le début de la collaboration.

Organisation et engagement

L’organisation du travail et des tâches doit être clairement définie entre les parties prenantes. Que ce soit coté porteur de projet ou sous-traitant. Avant le démarrage de la prestation chacun doit avoir conscience de ses engagements et des attentes des autres intervenants du projet.

De même les sous-traitants doivent décrire clairement leurs engagements en termes de moyens et/ou de résultats et indiquer clairement quelles ressources ils vont mettre en œuvre pour arriver à livrer la prestation attendue.

Définir les process qualité et à qui revient la charge en cas de défauts.

Présentation plan d’industrialisation

Afin de faciliter l’intégration du plan d’industrialisation par le porteur de projet dans son business plan, il est recommandé au sous-traitant dans les budgets et plannings présentés de différencier CAPEX et OPEX et trésorerie (l’investissement doit être réalisé à telle date), de l’amortissement du matériel qui relève du bilan et de la rentabilité du projet.

Il serait ainsi idéal de décorréler dans la présentation du coût de revient du produit : la part humaine d’assemblage du produit, la part matérielle du produit et la part de l’amortissement des outils de production nécessaires à la production de celui-ci.

Présentation des différents livrables du projet

Afin de faciliter les différentes étapes du projet en termes de communication et de financement. Le contrat doit stipuler des livrables clairs à chaque phase du projet. Ces livrables doivent, autant que possible, être en cohérence avec les besoins financiers/marketing/communication/commerciaux du projet dans ces différentes phases. L’adéquation entre ces différents aspects du projet, ainsi que la pertinence technique des livrables sera un point clé de la réussite du projet.

Financement – Conditions de paiement

Dans une logique partenariale forte, le prestataire peut proposer de prendre tout ou partie du BFR en proposant au porteur de projet lors de sa commande de ne rien payer à la commande mais de payer à 30 jours fin de mois après livraison des produits assemblés.

Autre formule, le sous-traitant pourrait proposer de ne faire payer que la part matérielle à la commande et la part humaine d’assemblage à la livraison.

D’autres conditions de paiement peuvent être proposées, celles-ci doivent dans tous les cas être définies dès le début de la collaboration.

En cas de non-respect du calendrier de livraison convenu entre les parties, le prestataire peut encourir des pénalités de retard qui peuvent être définies comme suit :

  • Délai de retard de 1 à 30 jours calendaires : 0% de la partie de la livraison des produits ayant fait l’objet du retard ;
  • Délai de retard au-delà de 30 jours calendaires : pénalités plafonnées à 5% au plus de la partie de la livraison des produits ayant fait l’objet du retard en fonction des responsabilités identifiées.

Financement en fonds propres

Au cas où le sous-traitant serait rattaché à un Groupe ayant un fonds d’investissement, ou un groupement de business angels, le sous-traitant devrait connaître la thèse d’investissement de ce fonds afin de savoir quels sont les projets recherchés. Cela permettrait ainsi au porteur de projet de connaître dès le début s’il pourra prétendre à ces financements ou non dans le cadre du développement de son projet.

Exemple : un sous-traitant rattaché à un Groupe de la mobilité peut par exemple être amené à réaliser des prestations pour un porteur de projet dans le médical. Si la thèse d’investissement du Groupe n’adresse que les projets dans la mobilité, alors le projet dans le médical ne pourra pas en bénéficier. Il serait idéal que le sous-traitant en fasse connaissance au porteur de projet dès le début de la collaboration pour ne pas que le porteur de projet « se fasse des idées ».

Non-concurrence

Les conditions de collaboration entre le sous-traitant et d’autres clients aux activités concurrentes ou semblables doivent être clairement abordées et clarifiées dans le contrat.

Retrouvez l’ensemble des propositions du CSI France dans notre Manifeste des solutions disponible sur www.csifrance.fr.

Evénement | BPI France – Startups industrielles : un relais de croissance pour l’industrie française

Sur place, en ligne ou via le live Twitter Hub BPI France, plus de 9000 personnes étaient connectées le 28 juin 2022 ! 

Vous n’avez pas pu suivre ces échanges ?

  • Voir le REPLAY des interventions.
  • Pour en savoir plus sur le Plan Startups et PME Industrielles, retrouvez ICI le lien vers le portail Tech in Fab.
  • Cliquez ici pour télécharger le livre jaune “Startups Industrielles : un relais de croissance pour l’industrie française”. Celui-ci, co-construit avec le Collectif Startups Industrielles France, détaille l’ensemble des dispositifs de soutien à l’industrialisation pour les entreprises innovantes d’une part, et démocratise le vocabulaire, les étapes et les besoins des startups industrielles françaises.
Sont intervenus lors de cet événement  : 

En complément, nous vous relayons une consultation, proposée par Start Industrie en partenariat avec La French Tech et Territoires d’Industrie, sur les enjeux liés au foncier industriel pour les acteurs émergents « en phase 3 ».

Lien vers le questionnaire (10′)  : Consultation – Accès au foncier industriel pour les startups

Que vous ayez déjà trouvé votre implantation industrielle ou que vous soyez en recherche, votre aide nous est précieuse pour récolter des données et être au plus près des réalités du terrain.
Vos contributions nous permettront d’adresser des recommandations pertinentes aux acteurs clés et ainsi répondre au mieux aux attentes exprimées : surfaces, localisations, montages juridiques, freins, démarches / procédures, spécificités techniques attendues, interlocuteurs publics/privés, services d’accompagnement, aménagement du bâti, démarches écologiques et circulaires…

Evénement | Club Excellence BPI France

Qui cherche la perfection obtient l’excellence. #CapExcellence c’est un écosystème d’entrepreneurs unis par cet attrait commun. 1er réseau de partage d’accélération, de bienveillance et de générosité. Innover et anticiper pour répondre aux défis de demain.

Eléonore BLONDEAU intervenait aux côté de Dominique DELPORT le 23 juin 2022 pour inspirer les « entrepreneurs excellence » lors d’une soirée blanche exclusive.

Vidéo souvenirs.

Evénement | Industrie & Impact : financement de l’amorçage et de la transformation

10.01.2022 French Impact : l’impact social au cœur de la RENAISSANCE INDUSTRIELLE de la France

À propos de cet évènement

Issue d’une initiative gouvernementale souhaitée par le Président de la République, la mission du French Impact est de mobiliser dans une même dynamique, tous les acteurs, publics et privés, qui veulent faire de l’innovation sociale un levier majeur de transformation du pays, donc de la renaissance industrielle des territoires.

Depuis quelques mois, les appels à réindustrialiser la France se multiplient. Or, les activités industrielles s’inscrivent sur un temps long et nécessitent souvent des dépenses d’investissement plus lourdes que dans d’autres secteurs. Ainsi, pour que la renaissance industrielle devienne une réalité, il est nécessaire que les entreprises industrielles de toutes tailles (de la startup à l’ETI) puissent accéder rapidement et facilement à des financements adaptés aux différentes étapes de leur développement. En outre, la question du développement industriel se trouve confronter à de nouveaux défis, dont celui de la transition écologique et sociale. Dès lors, ses investissements doivent également s’inscrire dans une recherche d’impact positif sur l’environnement et les parties prenantes à travers les territoires : le French Impact.

En ce début d’année 2022, la première rencontre du cycle RENAISSANCE INDUSTRIELLE a souhaité mettre en lumière les femmes et les hommes qui innovent pour changer les modes de production et de consommation et faire de la France la capitale mondiale de la finance à impact !

Cycle sous le haut parrainage d’Agnès Pannier-Runacher, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie

15h – Accueil : Olivier Mousson, PrésidentSociété d’Encouragement pour l’Industrie Nationale

15h15 – Ouverture : Anais Voy-Gillis, Déléguée Renaissance Industrielle de la Société d’Encouragement

15h30 – Table ronde 1 : Comment mettre les acteurs du financement au service de la transformation de l’Industrie ?

  • Nicolas Pailloncy, CEO chez Metal Additive Technologies
  • Damian Py, CEO Daan Technologies
  • Arnaud Marion, FE2T – Fonds entrepreneurial territorial de transformation en Haut de France – Fondateur de l’IHEGC (Institut des Hautes Etudes en Gestion de crise)
  • Guillaume Mortelier, Directeur Exécutif en charge de l’accompagnement chez BPI France

Animation : Anais Voy-Gillis, déléguée Industrie de la Société d’Encouragement

16h30 – Table ronde 2 : Quel est le rôle des startups industrielles pour créer de l’impact dans les territoires et comment financer leur industrialisation ?

  • Sarah Corne, ex Ulule, Founders Future
  • Anne-Sophie Caistiker, DG GreenRiders Group & Fondatrice Doctibike
  • Albin Jourda, Operating Partner Demeter
  • Christophe Chevalier, PDG Groupe Archer
  • François Blouvac, Responsable programme Territoires d’Industrie · Banque des Territoires

Animation : Eléonore Blondeau, Co-fondatrice & Présidente du Collectif Startups Industrielles France

17h30 – Grand témoin : Benjamin Saada, Fondateur et CEO de Fairmat, Co-fondateur et Président d’Expliseat et lauréat Montgolfier 2015 du comité des Arts Mécaniques

17h40 – Synthèse : Stéphanie Goujon, Directrice Générale du French Impact

En partenariat avec la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, Le French Impact, le Collectif Startups Industrielles France, La Banque des Territoire, BPI France, La French Fab et Quaero Capital.

▶️REPLAY

Tribune | Favorisons l’amorçage des startups industrielles par le développement de lieux adaptés dans chaque territoire

Notre renaissance industrielle sera fondée, en partie, sur des relocalisations d’activités (environ un tiers du potentiel) afin de sécuriser des approvisionnements dits « stratégiques », et surtout sur l’invention de nouvelles filières (environ les deux tiers du potentiel).

Ces nouvelles filières s’appuieront avant tout sur l’innovation, dont une demi-douzaine de typologies coexistent, disposant pour chacune d’elle d’une échelle d’intensité allant de l’innovation incrémentale à l’innovation de rupture.

Ces innovations peuvent être portées par différents acteurs : les grands groupes avec leur rôle structurant de notre économie, les ETI/PMI pour leurs capacités d’innovation et de co-innovation avec les grands groupes, mais également les startups. Modèle initialement créé par et pour le numérique, ces méthodes agiles sont désormais reprises par des porteurs de projets industriels.

Les startups industrielles ont fait l’objet d’études récentes, portées notamment par la Fabrique de l’industrie ou le gouvernement. Ces études permettent de déconstruire un a priori : startups et industrie seraient incompatibles ? En réalité, le secteur industriel produit des startups, et ces dernières, contrairement aux idées reçues, ne sont pas en nombre moindre en France que parmi nos pairs. Si l’enjeu, pour la puissance publique, est d’offrir un cadre favorable à la démultiplication, au développement et à la montée en puissance de ces startups, des pistes d’actions sont d’ores et déjà énoncées dans un rapport gouvernemental.

Dis autrement, si notre désindustrialisation a davantage touché le tissu classique des entreprises industrielles en France que dans d’autres pays, nous sommes, sur le sujet des startups, sur la même ligne de départ ! À nous de nous montrer à la hauteur de nos ambitions de renaissance industrielle.

Pour leur donner toute leur place, le Collectif Startups Industrielles France a identifié plusieurs sujets prioritaires à traiter : création d’outils de financement en fonds propreséducation de l’écosystème startup et du grand public au B-A-B-A de l’industrie, simplification de la lecture des normes et certifications etc. L’une de ces thématiques clés est liée aux lieux d’accueil et d’accompagnement des porteurs de projets

En effet, après une phase de prototypage qui peut se réaliser dans un espace de co-working ou un fablab, la start-up industrielle est confrontée au défi de sa phase de pré-industrialisation.

Cette phase, moins marquée dans le parcours de la startup numérique, suppose à la fois un accompagnement ad’hoc – les porteurs de projets ne sont pas toujours des spécialistes du génie industriel – et des lieux adaptés pour accueillir les lignes pilotes et la production des premières séries – avec la logistique, le stockage et parfois les utilités (électricité, eau, bruit, poussière etc).

Quelques lieux de cette nature existent en France : telles les agences Kickmaker à Paris, Lyon et Nantes, le Bel Air Camp ou l‘Usin Lyon-Parilly à Lyon, mais ils sont encore trop rares.

La carte des innovations en France démontre que la moitié des aides publiques à l’innovation sont localisées en Ile de France, et l’autre moitié est répartie assez équitablement dans les autres Régions : Lille, Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Montpelier, Marseille, Nice, Clermont-Ferrand, Lyon, Grenoble, Strasbourg… Sans prétendre à une étude exhaustive, chaque Région pourrait ainsi avoir des lieux de référence « Repère de l’industrie », une cinquantaine pour couvrir le pays dans un premier temps et pas seulement dans les grandes métropoles.

La définition fonctionnelle de ces lieux de référence est désormais bien aboutie. Des co-financements par la Banque des territoires semblent être possibles. Aussi lançons-nous un appel aux porteurs de projets, aux collectivités locales, aux Régions, aux métropoles, aux villes et Territoires d’industrie qui souhaitent se lancer dans cette aventure !

Les 100 usines nouvelles par an issues des dix axes de France 2030 devront être incubées quelque part. Créons ces lieux pour réussir le pari de notre renaissance industrielle.

Auteurs :

Olivier Lluansi, Associé PwC Strategy&, coauteur Vers la renaissance industrielle, 2020, Editions Marie B

Éléonore Blondeau, co-fondatrice de Collectif Startups Industrielles France

Alysée Flaut, responsable communication chez Kickmaker

Vincent Despatin, co-fondateur de Kickmaker, agence de conception et d’industrialisation de produits high-tech.

Note | Guichet unique : réglementation

Objectif :

L’objectif de ces Guichets Unique est d’accompagner le projet à passer de la phase R&D/Prototypage à la phase grande série, c’est-à-dire, accompagner la phase de pré-industrialisation du projet.

Pour rappel, un projet en amorçage industriel innovant peut se définir selon le modèle 3 / 3 / 3 :

  • 300k€* pour la R&D / prototypage : phase de recherche qui permet de valider le marché, de définir le cahier des charges fonctionnel puis technique, de concevoir et développer le produit jusqu’à la réalisation d’un prototype fonctionnel appelé « MVP » ou « Démonstrateur ».
  • 3M€* pour la pré-industrialisation : phase d’optimisation du produit tant en termes de coûts, de quantités produites que de fiabilité. Adapter le choix des fournisseurs, adapter le choix des technologies de production, adapter les technologies et méthodes d’assemblage et rédiger toute la documentation. Obtenir les certifications et respecter les normes.
  • 30M€* pour la grande série : phase où les objectifs d’optimisation ont été atteints et où l’on décide de reproduire le produit autant que possible en réalisant les meilleures économies d’échelles. Soit en interne, en créant sa propre infrastructure de production, soit via des sous-traitants.

(*ordre de grandeur pour un produit « plus gros qu’une boîte à chaussures »)

 

Cahier des charges fonctionnel :

Coordonnés par La FrenchTech/La FrenchFab, ces guichets uniques sont des comités constitués d’experts en normalisation, certification et homologation, douanes : AFNOR, Pôles de compétitivité, Centres techniques, Bureau Veritas, Laboratoires, INPI, DGCCRF…

Chaque mois, un guichet « thématique » est organisé pour lequel un appel à candidatures est créé afin que les projets correspondants à la thématique puissent candidater en envoyant un dossier présentant le fonctionnement fonctionnel et technique de leur produit.

Le Comité reçoit le dossier et l’étudie avant le jour de l’entretien avec le porteur de projet afin de constituer le Comité d’experts spécialisés du sujet.

Un échange libre visant à déterminer l’environnement normatif adapté au projet est réalisé à la suite duquel est fournis un bilan au porteur de projet contenant la liste des normes & certifications nationales, européennes et internationales auquel son produit doit répondre, accompagnée d’une liste de partenaires/sous-traitants français auprès desquels il pourra se tourner pour mettre en œuvre ces démarches.

Un chef de projet attaché au Guichet Unique s’assure tous les 3 mois que le porteur de projet avance dans ses démarches et que les relations avec les partenaires dans la mise en œuvre se déroulent correctement. Il peut aussi recevoir à tout moment via un système de « permanence ».

L’ensemble de la démarche est soumise à confidentialité.

 

Financement de ces Guichets :

Soit gratuit pour le porteur de projet donc pris en charge à 100% par les organisations partenaires pour qui l’engagement est sponsorisé par le Gouvernement dans le cadre de #France2030.

Soit payant en partie pour le porteur de projet avec prise en charge en partie par le CII voir CIR et avance de trésorerie par BPI France et les Régions.

 

Retrouvez l’ensemble des propositions du CSI France dans notre Manifeste des solutions disponible sur www.csifrance.fr.

Eléonore Blondeau
Présidente du Collectif Startups Industrielles France
contact@csifrance.fr

Note | Lieux Repères de l’Industrie

Objectif :

L’objectif de ces espaces d’accueil est d’accompagner les projets à passer de la phase R&D/Prototypage à la phase grande série, c’est-à-dire, accompagner la phase pré-industrialisation des projets.

Pour rappel, un projet en amorçage industriel innovant peut se définir selon le modèle 3 / 3 / 3 :

  • 300k€* pour la R&D / prototypage : phase de recherche qui permet de valider le marché, de définir le cahier des charges fonctionnel puis technique, de concevoir et développer le produit jusqu’à la réalisation d’un prototype fonctionnel appelé « MVP » ou « Démonstrateur ».
  • 3M€* pour la pré-industrialisation : phase d’optimisation du produit tant en termes de coûts, de quantités produites que de fiabilité. Adapter le choix des fournisseurs, adapter le choix des technologies de production, adapter les technologies et méthodes d’assemblage et rédiger toute la documentation. Obtenir les certifications et respecter les normes.
  • 30M€* pour la grande série : phase où les objectifs d’optimisation ont été atteints et où l’on décide de reproduire le produit autant que possible en réalisant les meilleures économies d’échelles. Soit en interne, en créant sa propre infrastructure de production, soit via des sous-traitants.

(*ordre de grandeur pour un produit « plus gros qu’une boîte à chaussures »)

 

Cahier des charges fonctionnel :

Au sein d’un environnement économique fermé d’une dizaine d’hectares, on retrouverait :

  • 1 à 3 bâtiments de production série de PMEs/ETIs ou Grands groupes
  • 1 bâtiment de 10 à 30000m² découpés en espaces de 100 à 1000m². Ces cellules isolées et équipées d’internet, avec hauteur sous plafond, pourraient être aménagées à façon selon les besoins des porteurs de projet. Alliant activité de bureau pour les équipes et atelier dans lequel seraient réalisés du prototypage, des tests, des pré-séries, du stockage. Ce bâtiment devrait proposer plusieurs services communs comme :
    • L’accès à des quais de chargement/déchargement
    • Le don ou l’accès à des prix très attractifs de racks de stockage
    • Un fab lab industriel (type TechShop) càd qu’au-delà de l’imprimante 3D, de la découpe laser et de la découpe vinyle ainsi que du matériel de bricolage « classique » pourraient également être présents des outils plus industriels que l’on retrouve dans l’ensemble des secteurs : tours, fraiseuses, équipement électronique… ainsi qu’une zone d’assemblage sécurisée. Ce fablab pourra donc permettre aux entrepreneurs locataires du lieu Repères de l’Industrie de l’utiliser soit gratuitement en considérant que le coût machine/matière est inclus dans le loyer, soit en payant un coût machine/matière à chaque utilisation, soit en sous-traitant complètement la prestation au FabManager. Ce fablab peut être soit géré par le gérant du lieu Repère de l’Industrie soit opéré par un acteur tiers FabManager.
  • Des bureaux d’étude en industrialisation et méthodes pourraient être partenaires du lieu ou simples locataires, afin d’accompagner les porteurs de projet dans le développement de leurs produits
  • Des partenariats devraient être noués avec La FrenchTech, La FrenchFab, les écoles d’ingénieurs ou encore les pôles de compétitivité et accueillir les « Guichets uniques : réglementation »
  • L’ensemble de la zone devrait permettre de créer un « esprit de communauté » grâce à l’animation du lieu par des événements pro : tables rondes, conférences, lunch des CEO, ateliers co-developpement, hackatons… mais aussi « QVT » : concours de babyfoot, repas de Noël, cours de sport…
  • Des zones dédiées à la QVT avec notamment un espace restauration (CROUS ?), un espace détente et un espace sport, voire une crèche d’entreprise
  • Des logements pourraient également être créés afin d’être réservés aux stagiaires/alternants sur place sous format de grosse « colocation » à moindre prix grâce à un partenariat avec un bailleur social
  • Ces lieux devraient se trouver à moins d’1h en transports en commun d’une gare TGV
  • Au-delà des porteurs de projets industriels, de leurs équipes et des équipes des PME/ETI/Grand Groupe, le lieu pourrait accueillir plusieurs classes d’écoles de production (UIMM, Compagnons du devoir et du tour de France ?) afin de mixer les publics : permettre aux projets de recruter leurs futurs stagiaires/alternants, permettre aux élèves d’être au contact de professionnels en continu
  • La communication au sein de la zone devrait permettre aux visiteurs de comprendre et appréhender la chaîne de valeur des produits produits sur place : étapes et métiers nécessaires pour aboutir à la production série. La zone pourrait ainsi accueillir des visites de collèges/lycées visant à découvrir l’industrie « d’aujourd’hui » : une industrie innovante, mixte, permettant de construire les produits du quotidien avec des métiers pour tous les niveaux d’études et pour tous les goûts

 

Financements de ces lieux :

Le développement de ces lieux pourrait être réalisé par des appels à projet portés par Territoires d’industrie, Banque des territoire et Caisse des dépôts, Ademe Invest.

L’accès à ces lieux pour les porteurs de projet startups industrielles, sous format de loyer avec des baux de courte durée permettant une flexibilité avec un préavis de 3 mois, pourraient être pris en charge par du CII et bénéficier d’avance de BFR par BPI France et les Régions.

 

Exemples :

Un mix entre ce que proposent Bel Air Camp, Usin Lyon Parilly, Start2Prod, Kickmaker, Vialog ou encore Wenetwork, BoschRodezService et l’UIMM serait un idéal, en intégrant la dimension d’industrie circulaire comme le suggère l’étude « Pivoter vers l’industrie circulaire » d’OPEO et l’INEC.

Autres exemples : Manufacture des mobilités actives et durables ; Parc Cataroux MICHELIN ; Lyon Vallée de la Chimie (notamment Ateliers XL Dev et Ateliers XL Prod(lauréats))

 

Retrouvez l’ensemble des propositions du CSI France dans notre Manifeste des solutions disponible sur www.csifrance.fr.

Eléonore Blondeau
Présidente du Collectif Startups Industrielles France
contact@csifrance.fr

Note | Financement en fonds propres de l’amorçage industriel innovant en France

Objectif :

Définir les critères d’investissement pour la Création de Fonds d’amorçage industriel à capital patient « FAICP » (min 8 ans) sur le modèle « evergreen » : le ticket d’intervention devra être de 800k€ à 8M€. Les fonds devraient être dotés de 500 à 800M€ pour financer une centaine de projets existants puis une vingtaine de nouveaux par an avec une rotation du capital sur 8 ans.

L’objectif de ces financements est d’accompagner le projet à passer de la R&D/Prototypage à la grande série, c’est-à-dire, accompagner la pré-industrialisation du projet.

Pour rappel, un projet en amorçage industriel innovant peut se définir selon le modèle « 3 / 3 / 3 » :

  • 300k€* pour la R&D / prototypage : phase de recherche qui permet de valider le marché, de définir le cahier des charges fonctionnel puis technique, de concevoir et développer le produit jusqu’à la réalisation d’un prototype fonctionnel appelé « MVP » ou « Démonstrateur ».
  • 3M€* pour la pré-industrialisation : phase d’optimisation du produit tant en termes de coûts, de quantités produites que de fiabilité. Adapter le choix des fournisseurs, adapter le choix des procédés de production, adapter les technologies et méthodes d’assemblage et rédiger toute la documentation. Obtenir les certifications et homologations et respecter les normes. Produire les premières séries « pré-séries ».
  • 30M€* pour la grande série : phase où les objectifs d’optimisation ont été atteints et où l’on décide de reproduire le produit autant que possible en réalisant les meilleures économies d’échelles. Soit en interne, en créant sa propre infrastructure de production, soit via des sous-traitants.

(*ratios permettant de comprendre les ordres de grandeur des tranches de financement pour chacune des 3 étapes de développement)

 

Critères d’éligibilité :

Dans le cadre du processus d’investissement, nous prendrons en compte prioritairement les 9 critères de sélection ci-dessous pour les investissements :

  • présenter un niveau de TRL minimal de 5 (prototype taille réel, en environnement d’utilisation)
  • avoir terminé la phase de R&D/prototypage et entrer en phase de pré-industrialisation
  • proposer une innovation (sociale, technologique, business model, marketing/commerciale, procédé/organisationnelle, produit/service/usage) incrémentale ou de rupture
  • être produit en Europe quand commercialisé en Europe, être produit en Amérique quand commercialisé en Amérique, être produit en Asie quand commercialisé en Asie
  • avoir son siège social dans l’UE
  • détenir sa propriété intellectuelle dans l’UE
  • payer ses impôts dans l’UE
  • mesurer son impact (voir quelle grille de critère simple peut être donnée pour filtrer les projets, cf. la grille de critère modifiée de la commission européenne, et vérifier si elle peut fonctionner dans ce cadre ou l’impact score du Mouvement Impact France par ex. ou voir si BPI France a déjà des grilles existantes ? lesquelles ?)

Nous souhaitons éviter certains plafonds de verre récurrents, en ne retenant pas les critères classiques suivant tels que :

  • un minimum de 1M€ de CA réalisé
  • être nécessairement basé sur une deeptech : technologie de rupture issue de laboratoires de recherche
  • être en co-investissement avec un industriel. Les VC doivent pouvoir entrer au capital sans conditionner leur entrée à celle d’un industriel
  • être dans un consortium (cela suppose un partage d’IP)
  • présence obligatoire de brevet(s) ==> parfois le secret ou le savoir-faire ont plus de valeur ! (cc Coca-Cola)

 

Performance du fonds :

L’objectif du Fond en termes de performance financière brute pour les investisseurs est un multiple brut (donc calculé par rapport aux sommes investies, hors frais) de 2 et un TRI brut de 12,2% (taux de rendement interne équivalent à la rentabilité annuelle).

L’objectif de performance nette (donc cette fois calculée sur les montants appelés, frais de gestion compris) est basé sur un multiple net de 1.6 et un TRI net de 10,6 %.

Cet objectif pourra être atteint en 50% de parts de capital et 50% d’OC (pricing à déterminer). Nécessité que les OC soient reconnus comme « fonds propres » par les partenaires bancaires. Envisager une garantie BPI de 50% sur le montant global levé ?

Exemple : FAIM

 

Montage financement du fonds :

  1. BPI France devrait « lancer le mouvement » en opérant elle-même un fonds de capital risque, non sectorisé.
  2. Rassembler des corporates dans des fonds de fonds opérés par une société de gestion « indépendante » afin que les corporates n’investissent pas directement dans les projets mais indirectement. Les corporates impliqués pourraient en parallèle proposer la mise à disposition de leurs compétences en industrialisation via des prestations de conseil à destination des projets financés, sans obligation pour les projets d’y recourir (ex : Toschiba, Bosch, Michelin…).
  3. Chaque filière industrielle devrait avoir un fonds dont 20% serait réservés aux startups industrielles en phase de pré-industrialisation. Les 80% restant pouvant être orientés pour les startups industrielles en « phase grande série », PME et ETI en transformation.

La réflexion sur le véhicule doit consister à se demander : comment s’appuyer sur l’existant pour répondre aux besoins spécifiques de la pré-industrialisation ?

  • Partir du véhicule le plus usité en capital-investissement, le FPCI, et réfléchir à comment l’améliorer : étendre sa durée de vie (augmenter la durée de blocage de rachat des parts des souscripteurs), prévoir une tranche evergreen pour réinvestir une partie des produits de cessions ;
  • Monter une SLP evergreen avec : période de lock-up (blocage de rachat des parts), remboursement des parts échelonné de façon régulière dans le temps, mécanisme d’incentive des détenteurs de parts, etc.
  • Au fonctionnement de ces véhicules peut s’articuler aussi le montage d’une fondation actionnaires, ce que regarde actuellement, pour assurer une protection et une pérennisation du capital à investir.

Le sujet porte davantage dans le montage d’un véhicule d’investissement avec une formule juridique et une mécanique économique adaptés à l’environnement institutionnel (acculturation forte des souscripteurs à des structures de type FPCI) et à la réalité industrielle (forts CAPEX en pré-industrialisation, temps de développement parfois long, cycles de vente rallongés, etc.) qu’à la réflexion sur les instruments.

Car cette dernière réflexion consistera davantage à valider les composantes quasi-fonds propres (venture debt, obligations convertibles, …) dans la thèse d’investissement.

Enfin, la dimension territoriale d’un tel véhicule ne doit pas être obérée. L’enjeu peut consister à développer aux échelles régionales des fonds d’amorçage industriel.

Exemples : 2050, Terre&Fils, FAIM

 

Gouvernance du fonds :

Avoir un Comité Consultatif composé d’entrepreneurs industriels et/ou « cadres industriels » (directeur.rice industriel.le, CTO, responsable bureau d’études, responsable achats…). Ce Comité se réunit tous les 3 mois pour donner son avis sur les deals en cours d’étude et s’assurer de la cohérence des projets avec la thèse d’investissement. Le Comité recevra au moins 7 jours à l’avance l’executive summary des projets qui seront discutés lors du Comité.

L’équipe de gestion doit avoir la culture industrielle des fonds capdev et la culture du risque des fonds d’amorçage.

 

Retrouvez l’ensemble des propositions du CSI France dans notre Manifeste des solutions disponible sur www.csifrance.fr.

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